Lettre envoyée au Devoir mais non publiée (allez savoir!)
Mardi dernier, Le Devoir m’apprenait que le gouvernement Harper, non satisfait d’aller en guerre, de se moquer de Kyoto et d’encourager la pollution excessive causée par les sables bitumineux, songeait à devenir porte-parole de l’industrie nucléaire canadienne à travers le monde. Que ceux qui préfèrent polluer disent « Aye! »
Une telle volonté exige donc quelques questions pour notre premier ministre.
Sachant qu’un réacteur nucléaire produit du plutonium nécessaire à la création de bombes H et présumant que vous avez raison à propos du terrorisme, êtes-vous le genre de premier ministre à vendre un tel réacteur sans exigence si cela était conditionnel à une bonne entente avec un pays non aligné? « Aye! »
Sachant que les déchets issus d’une telle entreprise sont radioactifs pendant des milliers d’années et qu’ils pollueront mortellement partout où ils seront stockés, êtes-vous le genre de premier ministre à accepter d’en cacher un peu partout sous le tapis de chaque Canadien, pourvu qu’on n’en trouve pas chez vous ou dans votre circonscription? « Aye! »
Après avoir vu Three Mile Island et Tchernobyl, nous savons que de mauvaises conditions au mauvais moment peuvent causer, malgré toutes les précautions, un terrible accident. Et il n’y a que le gouvernement qui puisse encaisser un tel coup, car les conséquences et les frais d’un tel accident nucléaire sont effroyables. Êtes-vous le genre de premier ministre à jouer la roulette russe de l’énergie nucléaire en portant chaque Canadienne et Canadien garants en cas de catastrophe? « Aye! »
Sachant que l’accident de Tchernobyl a ruiné la Russie et tué par irradiation des milliers de soldats et de civils dédiés à leur patrie (chiffre à titre officieux; dans les faits, on ne les compte plus…), êtes-vous le genre de premier ministre à considérer que la mort de soldats ou de civils à la suite d’un accident nucléaire sont un mal nécessaire pour assurer une économie forte et qu’un tel gouffre financier ne pourrait se reproduire ici? « Aye! »
Sachant que le Canada est censé être un pays porteur de paix et de justice sociale et que le plutonium issu des réacteurs est contraire à cet esprit, êtes-vous le genre de premier ministre à considérer qu’une bonne affaire vaut mieux qu’un principe moral embrassé par la grande majorité des Canadiens? « Aye! »
Franchement, le Canada entier trouve inconcevable qu’avec les ressources que nous avons, le gouvernement Harper s’entête à faire des choix énergétiques aussi douteux. Vous dites « Aye! » à tous les vendeurs de pollution et de mort qui cognent à votre porte, mais vous manquez de respect et vous dites « Nay! » à cette majorité qui désapprouve de vos choix. Dites « Aye » au Partenariat mondial pour l'énergie nucléaire (PMEN) et il ne manquera que le perroquet et la jambe de bois pour savoir quels intérêts vous défendez vraiment.
Au plaisir de cocher ailleurs (à nouveau) lors de prochaines élections,
Louis Horvath
dimanche 16 septembre 2007
Nous n’avons pas besoin d’un partenariat nucléaire
Libellés : Harper, Kyoto, nucléaire, politique, Terrorisme
mercredi 27 juin 2007
Le cycle de la guerre
En réponse à l'article de Ricardo Codina, "Oui à la mission du Canada en Afghanistan"
Cher disciple de Harper,
Il apparaît évident que vous croyez, au même titre de tous ceux qui sont fascinés par l’équipement et le langage guerrier, que tout peut se régler à coup de canon.
Une vision que la grande majorité ne partage pas … Dieu merci!
Et pour cause. À part les guerres génocidaires, chaque conflit armé crée une vague de force égale qui revient, tôt ou tard. La loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent) en fait d’ailleurs foi – de la Sicile à Hongkong en passant par Budapest, on s’est échangé victime pour victime, dans un conflit sans fin où on est convaincu que l’adversaire est l’instigateur initial. En d’autres mots un labyrinthe infernal que chaque campagne militaire agrandit.
D’ailleurs, la vague actuelle qui sévit en Afghanistan est le résultat de l’entraînement et du financement des moudjahidine par l’oncle Sam; ces soldats ont humilié les Russes mais ils ont aussi laissé derrière eux un pays ruiné, ce qui a poussé sa population dans les bras des talibans.
Et aujourd’hui le Canada fait office de femme de ménage de l’OTAN. Mais par crainte du ridicule, Harper envoie en Afghanistan des militaires plutôt que de l’aide humanitaire, question de sauver la face vis-à-vis tous les pays guerriers alignés.
Et les afghans, entraînés dans le cycle de la guerre par nos alliés, ne se font pas prier pour faire tourner la roue et nous renvoyer la monnaie …
Libellés : Afghanistan, Celeri, guerre, Harper, moudjahidine