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mercredi 26 septembre 2007

Un débat unijambiste

Il existe, de la part d’un petit nombre d’individus qui se disent sensés et rationnels, une vision du débat si tordue que seule la version officielle des faits peut faire l’objet d’un débat, le reste étant considéré à priori comme inutile et faux. Et ne vous avisez surtout pas de les contredire! Sinon vous vous ramasseriez avec une des attaques suivantes :

… quand vous ne croyez pas la version officielle des faits, vous n’êtes plus simplement en désaccord, vous devenez immédiatement un anti-Étasunien primaire (bien sur primaire fait référence à primitif, sous doué, crétin, etc., etc., etc.). C’est la version canadienne de l’accusation d’antipatriotisme.

… si vous parlez, ne serai-ce qu’indirectement de socialisme ou si vous en louez certains de ses aspects, vous êtes immédiatement un communiste et vous vivez dans le passé (comme s’il n’existait rien d’autre que le capitalisme et Milton Friedman).

… si vous doutez de l’existence d’Al-Qaeda ou si vous trouvez que sa présence est un peu trop opportune à votre goût, vous fraternisez certainement avec l’ennemi et la responsabilité de tous les morts pèse sur vos épaules.

… les médias disent toujours la vérité. Même quand ils mentent. Idem pour toute figure d’autorité. Quand Bush ment, Bush dit vrai quand même. Et gare à vous si vous n’y croyez pas! Vous passeriez pour un traître à la nation ou un perdu. Car il n’y a qu’une seule vérité et vous ne l’avez surement pas.

… si vous êtes pour la paix alors vous êtes un imbécile! La seule manière de faire la paix, c’est de faire la guerre. Oubliez le reste. L’empathie et le respect des autres ça encourage le terrorisme! Vaut mieux attaquer que d’être attaqués : C’est par la guerre qu’on trouve la paix, entre pays ou entre citoyens. George Orwell serait fier.

… au nom de la liberté d’expression et des soldats de Valcartier, il n’est pas permis d’exprimer son désaccord avec cette boucherie afghane et irakienne. C’est en bombardant ces pays qu’on leur inculque la démocratie, la vraie, la pure. Ces pays ne peuvent pas décider plus que vous ce qui est vrai et bon. Car il n’y a qu’une seule vérité et vous ne l’avez surement pas.

… jamais on ne croira à aucune de vos théories, car vous n’avez aucune crédibilité. Et on ne donne de crédibilité qu’aux gens qui disent des choses dans lesquelles on croit!

En conséquence, engager le débat avec des gens pareils est une activité hautement futile. Mais dans le cadre d’un forum public, ne pas le faire donne l’impression que ce petit groupe a raison et que personne ne le conteste. On ne peut certes pas changer le monde, mais on peut agir localement! Tenez-vous bien les adeptes de la conspiration débarquent, que cela plaise ou non!

Réaction à un article incendiaire de Richard Hétu

lundi 20 août 2007

La fable du baloney et de l'humus

Comment VRAIMENT combattre le terrorisme en trois étapes:
1. S'assurer que tout le monde a un toit
2. S'assurer que tout le monde a de quoi manger
3. S'assurer que chaque individu a son petit coin à lui, sa petite vie privée et que personne ne vienne le traiter de fanatique parce qu'il ne croit pas la même chose que nous (i.e.: la PAIX).

Si vous y pensez un peu vous verrez bien que si on ne fait pas les trois on risque de répandre le feu plus que de l’éteindre.

Mais il faut croire que c'est mauditement difficile à comprendre!
Surtout le point #3. On est donc ben plus fins que les autres, tellement plus fins qu'on s'en va exporter notre "finesse" chez le voisin. C’est une chose de lui montrer sa nouvelle tondeuse. C’en est une autre de le juger et de l’humilier parce qu’il n’en a pas une.

Ce n’est pourtant pas si difficile; si nos soldats se font tirer dessus par les Afghans ce n’est pas parce qu’ils aident à nourrir et à (re)construire. C’est parce qu’ils arrivent là avec leurs gros sabots et jugent les Afghans comme des arriérés : Ils ne croient pas au même dieu et n’ont pas la même conception de la société que nous, en fait ils ne sont pas du tout comme nous! (quelle révélation!)
« Mange ton sandwiche au baloney pis ferme-là, mon espèce de fanatique religieux». Comme si nous n’étions pas des fanatiques nous-mêmes avec nos histoires de marché économique. Comme si les autres étaient bien plus racistes que nous.

La question qui se pose alors est la suivante : puisque nous ne sommes pas vraiment intéressés à combattre le terrorisme sans poser de jugement et que certains ne combattent ni la faim ou le manque de logis non plus, pourquoi sommes-nous allés là? Il semble d’ailleurs peu probable qu’on ne sache pas déjà tout ça, ce qui rend toute cette « opération » d’autant plus suspecte.

La guerre au terrorisme, dans ce cas, n’est guère plus qu’une excuse facile.
Allez Youssef, pour faire changement passe-moi donc le baloney, j’te refile l’humus.

En réplique à un article de Anne-Marie Lortie de LaPresse

dimanche 29 juillet 2007

Journaliste sévèrement rossée

Ahhh, les joies de voir les médias passer pour les joyeux crétins qu'ils sont tous. Si vous aviez bien rigolé en voyant Michael Moore sermonner CNN, vous allez vous délecter de cet interview mettant en vedette une pauvre journaliste se faisant donner un cours d'histoire 101 par l'incroyable George Galloway ... (et même si ce clip date de septembre 2006 - l'invasion Israélienne du Liban, ça vous dit quelque chose? - c'est encore vachement bon!)



"Vous ne connaissez même pas le nom gens morts dans la bande de Gaza cette semaine mais vous savez le nom de tous les soldats qui ont été capturés par le Hezbollah". Touché :) La seule bonne nouvelle dans toute cette histoire c'est que même en angleterre les médias sont pourris. Alors l'amérique n'est pas toute seule avec ses journaux vendus et ses couvertures partielles et teintées de parti-pris!

P.S.: Cliquez sur ce lien pour voir un excellent débat sur la question Iraqienne sur la chaîne Sky

mardi 3 juillet 2007

Zeitgeist, le film

Décidément ... les films gratuits sur internet pullulent! Et ils sont loins d'être mauvais d'ailleurs!

Zeitgeist, le film, est une espèce de bagatelle à la conspiration - il prend des documents de plusieurs sources et en fait un documentaires très intéressant qui ratisse très large. En partant du contrôle social effectué par l'église (ce film n'est pas tendre à son égard) jusqu'au contrôle social effectué par les états, l'histoire de notre civilisation est clairement visée.

Il en résulte un document cohérent qui a le mérite de faire parler et réfléchir. Pas que je suis d'accord avec tout son contenu mais c'est toujours bon de voir différentes perspectives. En anglais seulement (désolé).

Écouter ici-même ou visiter le site web!

samedi 30 juin 2007

Les transformateurs à l’heure de la soupe primaire

Réplique à un article de Tristan Péloquin: Réflexion profonde à propos des Transformers

C'est sur que je pédale contre le vent.
Mais j'évite de donner à mon fils des jouets qui impliquent la guerre. Et je n’irai pas cautionner le concept en allant voir le film.

Pas de problème avec un fusil ou même une épée, mais pas intéressé de voir mon fils tripper sur des armes qui ont tué et tuent encore des enfants comme lui.

Dans ce même ordre d'idée, la série ‘transformateur’ représente que trop bien la mentalité épaisse et belliqueuse de nos voisins - tout se règle à coup de canon. Elle représente aussi leur phantasme ultime: l’existence d’un mal absolu contre lequel nous devrions tous nous braquer pour régler tous nos problèmes. Plus primitif que ça, tu te … transforme en amibe de labo.

Rajoutons à ça la mauvaise habitude de mélanger la réalité et la fiction, question de faire plus vendeur. Même les adultes ont de la difficulté à s’y retrouver alors imaginez les enfants!!! Par exemple, le terrorisme, vrai ou faux? Ben souvent je me le demande!

Tout comme une alimentation saine et équilibrée est importante, l'exposition à des idées constructives et réalistes fait des enfants plus intelligents et moins serviles quand ils sont vieux. Et à ce titre les transformateurs sont pour moi du junk food.

mercredi 27 juin 2007

Le cycle de la guerre

En réponse à l'article de Ricardo Codina, "Oui à la mission du Canada en Afghanistan"

Cher disciple de Harper,

Il apparaît évident que vous croyez, au même titre de tous ceux qui sont fascinés par l’équipement et le langage guerrier, que tout peut se régler à coup de canon.

Une vision que la grande majorité ne partage pas … Dieu merci!

Et pour cause. À part les guerres génocidaires, chaque conflit armé crée une vague de force égale qui revient, tôt ou tard. La loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent) en fait d’ailleurs foi – de la Sicile à Hongkong en passant par Budapest, on s’est échangé victime pour victime, dans un conflit sans fin où on est convaincu que l’adversaire est l’instigateur initial. En d’autres mots un labyrinthe infernal que chaque campagne militaire agrandit.

D’ailleurs, la vague actuelle qui sévit en Afghanistan est le résultat de l’entraînement et du financement des moudjahidine par l’oncle Sam; ces soldats ont humilié les Russes mais ils ont aussi laissé derrière eux un pays ruiné, ce qui a poussé sa population dans les bras des talibans.

Et aujourd’hui le Canada fait office de femme de ménage de l’OTAN. Mais par crainte du ridicule, Harper envoie en Afghanistan des militaires plutôt que de l’aide humanitaire, question de sauver la face vis-à-vis tous les pays guerriers alignés.

Et les afghans, entraînés dans le cycle de la guerre par nos alliés, ne se font pas prier pour faire tourner la roue et nous renvoyer la monnaie

vendredi 8 juin 2007

Robot bourreau au bureau

En réplique à un article sur le blogue de Tristant Péloquin

Décidément je ne suis pas d’accord avec cette fascination pour les outils guerriers.
Comme on l'a vu en Iraq et en Afghanistan, les outils de guerre ça tue non seulement des soldats mais surtout des papas, des mamans, des frères, des sœurs, des amis, des petits et des grands … bref ça décime tout ce qui bouge. Et malgré de plates excuses, on est loin d’être convaincu que ce sont de bêtes victimes collatérales. Ça semble plutôt systématique.

Alors tant pis pour les soi-disant valeurs morales de la guerre.

Le tout est d’ailleurs confirmé par ce nouveau gadget; imaginez un peu le topo, une armée qui fout le bordel sous de faux prétextes, fond en excuses pour les innocentes victimes, et qui à la fin sauve ses troupes avec des robots plutôt que d’investir dans soins de santé de base. Combien de gens peut-on sauver avec le prix de un de ces robots? À voir les miracles qu’on fait avec peu de moyens à Cuba, beaucoup, beaucoup de gens.

Édith Piaf a encore et toujours raison : Si tous les hommes sont égaux, certains sont plus égaux que d'autres. En guerre plus encore.

dimanche 3 juin 2007

Sauté de terrorisme aux oignons doux, vol.1

Je dois vous le dire tout de suite avant que vous ne lisiez le reste; quand les grand médias et les autorités gouvernementales étasuniennes me disent quelque chose, j'assume à priori que ce n'est pas strictement vrai. Ainsi avec cette dernière tentative de terrorisme aux États-Unis, j’ai encore l’impression d’une grande mise en scène.

Mon raisonnement découle d’une simple observation. Une observation qui nécessite un peu de mise en situation :

Imaginez-vous que vous êtes, par exemple, Iraquien. Depuis le début de la guerre du golfe, presqu’un million et demi de vos frères (et sœurs) citoyens sont morts de la guerre ou de ses conséquences. Une grande partie des victimes sont des enfants, qui n’ont pas pu être traités à cause de l’embargo. Un de ces enfants est peut-être le vôtre. Vous êtes probablement jeune – la plupart des vieux sont morts ou ont fui. On imagine que moyennant un peu de croyances religieuses, beaucoup de pauvreté, pas assez d’éducation et la faim que vous seriez prêts à n’importe quoi. Même servir de bombe humaine.

Alors il est logique que vous attaquiez tout ce qui est étasunien et qui bouge, non? Eh bien semblerait que non. Après des années et des années de politique externe des Etats-Unis absolument barbare, les Iraquiens abdiquent. La grande majorité se venge dans les paroles et les pensées mais ne fait rien sur le terrain. Les Iraquiens qui ont pris racine dans le pays de l’oncle Sam rouspètent un peu, sans plus.

Là-bas comme ici, la grande majorité préfère la paix à la guerre, même si cela leur en coûte beaucoup. La vengeance est étouffée, éventée par des principe sociaux simples et universels. Et puis c’est bien moins compliqué de tourner la page que de persister et obtenir justice.

Bien sur il y en a qui sont prêts à tout faire sauter. Je l’accorde. Mais quand vient le temps de dire la vérité, nos voisins sont passés maîtres dans l’art de l’éviter. Que ce soit des armes de destruction massive, des histoires de collaborateurs avec Al-Quaeda, des ventes d’armes en cachette à des pays pourtant ennemis, on a toujours droit à d’incroyables fabrications.

Laisser mijoter dans un bain de mensonges à feu doux, remuer jusqu’à ce que ce soit suffisamment grillé. Et puis sablez le champagne …