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dimanche 16 septembre 2007

Nous n’avons pas besoin d’un partenariat nucléaire

Lettre envoyée au Devoir mais non publiée (allez savoir!)

Mardi dernier, Le Devoir m’apprenait que le gouvernement Harper, non satisfait d’aller en guerre, de se moquer de Kyoto et d’encourager la pollution excessive causée par les sables bitumineux, songeait à devenir porte-parole de l’industrie nucléaire canadienne à travers le monde. Que ceux qui préfèrent polluer disent « Aye! »

Une telle volonté exige donc quelques questions pour notre premier ministre.

Sachant qu’un réacteur nucléaire produit du plutonium nécessaire à la création de bombes H et présumant que vous avez raison à propos du terrorisme, êtes-vous le genre de premier ministre à vendre un tel réacteur sans exigence si cela était conditionnel à une bonne entente avec un pays non aligné? « Aye! »

Sachant que les déchets issus d’une telle entreprise sont radioactifs pendant des milliers d’années et qu’ils pollueront mortellement partout où ils seront stockés, êtes-vous le genre de premier ministre à accepter d’en cacher un peu partout sous le tapis de chaque Canadien, pourvu qu’on n’en trouve pas chez vous ou dans votre circonscription? « Aye! »

Après avoir vu Three Mile Island et Tchernobyl, nous savons que de mauvaises conditions au mauvais moment peuvent causer, malgré toutes les précautions, un terrible accident. Et il n’y a que le gouvernement qui puisse encaisser un tel coup, car les conséquences et les frais d’un tel accident nucléaire sont effroyables. Êtes-vous le genre de premier ministre à jouer la roulette russe de l’énergie nucléaire en portant chaque Canadienne et Canadien garants en cas de catastrophe? « Aye! »

Sachant que l’accident de Tchernobyl a ruiné la Russie et tué par irradiation des milliers de soldats et de civils dédiés à leur patrie (chiffre à titre officieux; dans les faits, on ne les compte plus…), êtes-vous le genre de premier ministre à considérer que la mort de soldats ou de civils à la suite d’un accident nucléaire sont un mal nécessaire pour assurer une économie forte et qu’un tel gouffre financier ne pourrait se reproduire ici? « Aye! »

Sachant que le Canada est censé être un pays porteur de paix et de justice sociale et que le plutonium issu des réacteurs est contraire à cet esprit, êtes-vous le genre de premier ministre à considérer qu’une bonne affaire vaut mieux qu’un principe moral embrassé par la grande majorité des Canadiens? « Aye! »

Franchement, le Canada entier trouve inconcevable qu’avec les ressources que nous avons, le gouvernement Harper s’entête à faire des choix énergétiques aussi douteux. Vous dites « Aye! » à tous les vendeurs de pollution et de mort qui cognent à votre porte, mais vous manquez de respect et vous dites « Nay! » à cette majorité qui désapprouve de vos choix. Dites « Aye » au Partenariat mondial pour l'énergie nucléaire (PMEN) et il ne manquera que le perroquet et la jambe de bois pour savoir quels intérêts vous défendez vraiment.

Au plaisir de cocher ailleurs (à nouveau) lors de prochaines élections,
Louis Horvath

vendredi 29 juin 2007

Le cœur d’or noir des pétrolières

Cette semaine, nouvelle page du feuilleton de la dépendance au pétrole. Après une minutieuse analyse, l’ICPP (l'Institut canadien des produits pétroliers) a conclu qu’il y a trop de stations d’essence au Québec (!). Bien sur le fait que cette analyse soit faite par un institut « indépendant » est une manière habile d’éviter qu’on parle d’oligopole; les grands producteurs ne se sont pas entendus en secret sur une réduction des points de vente mais ils sont tous d’accord avec l’étude publiée par un organisme indépendant (…).

Et si ce n’était que ça. Fermer des stations d’essence est, malgré un communiqué de presse enthousiaste, un assaut frontal sur le Québec et tous ses citoyens, rien de moins.

En un premier temps, moins de stations d’essence veut dire plus de trajet à parcourir pour faire le plein. Donc nécessairement plus d’essence gaspillée, plus de pollution et tout ceci aux frais du consommateur. Et pas bon pour Kyoto en plus de ça.

C’est aussi une manière certaine de réduire la compétition. Malgré les prix planchers, le principe de compétition reste un facteur déterminant dans notre économie. Un groupe d’entreprises qui s’entendent pour réduire la compétition en créant de la rareté devient un oligopole, peu importe la forme que prend cette entente.

Finalement une réduction des stations d’essence est, à coup sur, une réduction dans le réinvestissement local, et pour plusieurs raisons. Moins de stations veut dire mise à pied massive de personnel, un réseau de distribution qui requiert moins de camionneurs et finalement moins de taxes foncières. Trois pertes qui reviendront hanter le contribuable par la bande. Pendant ce temps, l’industrie engrange des profits astronomiques et ne souffre nullement de quelques stations additionnelles (voir étude de Léo-Paul Lauzon sur cette question).

Un petit baume toutefois. Si jamais une réduction des stations d’essence est effectuée, l’ICPP prévoit une baisse spectaculaire de 1,5¢ le litre. Décidément, il y a des économistes qui gagneraient bien leur vie en tant qu’humoristes. Mais sur tous les autres points, les québécois y sont grands perdants. Toute personne vous disant le contraire est de mauvaise foi ou vous ment.

Finalement, sachant que l’industrie du pétrole a racheté presque toutes les actions dans les dernières années et sachant qu’elle a déjà créé de la rareté en fermant plusieurs de ses raffineries, cette dernière étude confirme son manque de respect pour ses clients. Et elle confirme aussi la présence d’un oligopole, quoi qu’en dise les études de la régie de l’énergie et les relationnistes de presse.

samedi 16 juin 2007

Les 11 péchés de l'industrie du pétrole

Sophie Cousineau a abordé cette semaine un sujet épineux, à savoir comment se fait-il que beaucoup des prix sont restés les mêmes, malgré le fait que le dollar Canadien se porte très bien par les temps qui courent? Est-ce vraiment si difficile d'ajuster le prix ou quelqu'un se paye-t-il une Audi en argent massif à nos dépens?

La conversation est inévitablement tombée sur la question des pétrolères. J'avoue mon ignorance des faits techniques. Mais sur la forme alors, ça fait quelques temps que je les observe. D'ailleurs grâce à Léo Paul Lauzon leurs petites combines sont on ne peut plus claires (pdf) ...

HA! Demander aux pétrolières d'arrêter de mentir? Bonne chance.
Ça fait longtemps qu'ils l'ont la combine!
1. À la moindre fluctuation, à la moindre excuse, le prix augmente.
2. Un événement majeur est requis pour baisser un peu le prix
3. Toujours raffiner un peu moins que la demande - ça garde le prix élevé et quand arrive un accident, grosse augmentation!
4. Revendre au prix sur le marché d'aujourd'hui une essence stockée depuis au moins 6 mois (grosse source de revenus!).
5. Convaincre les gouvernements et les consommateurs qu'un produit essentiel peut et doit être laissé à la spéculation boursière, échapper à tout contrôle.
6. Littéralement arrêter de chercher pour du pétrole mais annoncer qu'on va avoir une pénurie d'ici peu. Parce que trouver une réserve voudrait dire une baisse de prix.
7. Racheter toutes les actions et garder un petit noyau dur de personnes qui profitent alors que nous sommes tous concernés
8. Clamer l’indépendance mais tout le monde ajuste son prix en même temps, se ligue dans une association de producteurs pétroliers et transige entre pétrolières en cas de boycott ou de pression du marché.
9. Tramage en arrière fond pour empêcher la sortie sur le marché de solutions alternatives, au grand mépris de l’environnement.
10. Un lobby qui fait honte aux citoyens canadiens en faisant passer cette industrie en premier sur la liste des priorités du gouvernement. Kyoto ou sable bitumineux? Les canadiens épongeront plus tard, c’est pas grave.
11. Et le taux de change? Comme tout le reste, les prix à la pompe n’ont plus rapport avec le marché. On nage dans un délire digne d’Ionesco … ah Georges Buisson fils a un bouton sur le nez? Vite, spéculons sur le prix du baril de Brent !