Un seul mot me vient à l'esprit. Déconnecté. Ces jeunes libéraux depuis longtemps me font sursauter avec leurs recommandations ridicules et leur arrogance BCBG. On sent dans leur discours le petit air loyaliste, vendu à l'institut Fraser. On les sent accroc aux théories de feu Milton Friedman, prêts à grimper l'échelon du pouvoir à n'importe quel prix. Prêts à jouer au loup, au diable la dentelle, pour impressionner les vieux croulants qui jouent du violon avec brio pour garder leur poste.
Leur dernier cri est d'ailleurs clair: « Jetons les enfants en pâture aux bêtes sauvages! ». Ces pseudo-experts aimeraient démanteler (ils diraient remodeler) le système éducatif et faire de nos jeunes enfants de parfaits bilingues. Oubliez le fait que les jeunes n'arrivent plus à écrire ou même parler un français convenable, il faut plier devant le veau d'or et immoler cette génération aux théories des lucides. Travailler plus, gagner moins! Dans cette spirale moderne, rien n'est sacré, même pas la prunelle de nos yeux.
Mais ce n'est pas tout! L'éducation, domaine élitiste s'il en est, ne doit plus être disponible aux manants qui prônent des bêtises incompatibles aux théories économiques de l'heure. C'est pourquoi il faut tripler les frais de scolarité! Voilà qui nettoiera la racaille (au Karcher, merci!) qui vient du bas de la côte avec ses idées d'égaliser le Québec pour les Québécois!
Il règne, depuis quelques temps, une odeur de fascisme dans l'air. C'est une trappe à souris politique, un relent radical où on récolte le vote des déçus en leur faisant miroiter un monde parfait sous un régiment économique serré. Un monde si « performant » que tout ce qui ne rapporte pas (au privé, on s'entend) est immédiatement scalpé. Et comme d'habitude, bien que nous soyons présentés comme de grands vainqueurs, personne ne sait au juste à qui cela rapporte. Moi je ne marche pas plus depuis longtemps – non seulement la carotte au bout de la branche est moisie mais je sais qu'elle me sera retirée au moment jugé opportun. Et je m'étonne qu'il n'y a pas plus de gens qui voient cette belle jeunesse libérale déconnectée en train de sortir sa chemise brune de la boule à mite – elle a l'air de déconner mais quand on regarde de plus près, elle est très, très sérieuse. Méchante relève de malades!
Voter plus, espérer moins! Voilà où se trouve la vraie lucidité. Le reste n'est que déconnexion.
samedi 9 août 2008
Si jeunes et si déconnectés
Libellés : Celeri, éducation, faschisme, Jeunes libéraux, Milton Friedman, néo-libéralisme, politique
mardi 25 septembre 2007
Belle et pulpeuse Naomi Klein
Je ne dis pas « c'est rare », je dis « c'est merveilleux »
Imaginez-vous une femme qui est à la fois belle et brillante. Qui est à la fois intimidante et attirante. Vous avez envie de la marier, mais aussi d'être son esclave. Vous auriez Naomi Klein.
Hmmm... Naomi Klein habillée de cuir noir ;)
OK j'en mets beaucoup (et si ma conjointe lit ceci je suis mort!). Mais une chose est certaine, entendre Mme Klein ça fait toujours chaud au cœur. Il y a une teinte de sincérité et de naïveté qui rend le tout plus plaisant encore, comme dans le document suivant: The Shock Doctrine.
En anglais et d'une longueur d'environ 45 minutes, The Shock Doctrine explique comment le néolibéralisme profite depuis toujours des catastrophes pour se faire du capital économique. Et quand on y pense, elle a tout à fait raison. Bon film!
Libellés : Celeri, documentaire, Naomi Klein, néo-libéralisme, Youtube
lundi 16 juillet 2007
Un Québec déchiré
Tout comme mon père, qui craignait de manquer de tout parce qu’il avait vécu la deuxième guerre mondiale proche du front, je crois que les québécois d’aujourd’hui sont marqués par leur histoire et leur conditionnement.
En un premier temps on ne peut pas démentir ce profond tiraillement qui existe entre le socialisme (image de la famille québécoise) et le capitalisme (image de l’individu qui réussit). Non seulement nous sommes fondamentalement méfiants de l’argent (et avec raison) mais nous avons été conditionnés à l’idée que l’état au service du citoyen était un rêve impossible, voire déraisonnable. Nous sommes pris au piège entre un néolibéralisme délirant et un retour en arrière de la collectivité, un refus de l’idée du bien-être collectif. Pas le genre de situation qui donne la paix d’esprit.
D’autre part, les québécois sont perpétuellement transportés par le tsunami des grandes crises. Crise des commandites, crise économique (le déficit ça vous dit quelque chose), crise de la mondialisation, crise identitaire, crise d’urticaire … on ne finit pas une crise qu’on arrive dans une autre. Et le tout va en accélérant. Le Québec se vend, s’exporte, se détériore quotidiennement sous nos yeux pendant qu’on travaille de plus en plus fort pour éviter que ça arrive. Le Québec n’a pas eu une bonne nuit de sommeil depuis longtemps.
Tout comme nos voisins sont tenus en haleine par la peur (phantasme?) du terrorisme, les québécois sont tenus en laisse parce qu’ils ont peur de s’affirmer. Entre les ténors de l’économie qui considèrent avec dérision tout ce qui n’émane pas du veau d’or et les grands manitous qui dénoncent l’état providence comme un mythe, il ne reste pas beaucoup de place pour crécher.
Il reste, en fait, juste assez de place pour un petit pain et des petits achats de misère, une ceinture fléchée et une plume dans l’cul comme dirait Falardeau.
Pas de surprise alors si les québécois dépensent n’importe comment; coincés entre les idéologies et les grands discours, ils consomment comme des poules promises à l’abattoir. Amen.
Libellés : capitalisme, Celeri, Falardeau, néo-libéralisme, Québec, socialisme, Terrorisme