En réplique à un article du Trait D'union:
"Sommes-nous réellement vert ?"
Je ne sais pas pour le reste des lecteurs du Trait D’union mais j’en ai raz-le-ponpon des mensonges de l’industrie automobile. À part l’exception, chaque année apporte son lot d’autos qui n’ont pas changé ou si peu, qui consomment autant, qui ont la même durée de vie, qui demandent le même entretien mécanique. Cent ans que le moteur à explosion existe. Cent ans et il n’y a eu aucun changement fondamental – nous brûlons toujours le même bitume et nous polluons toujours avec le même acharnement.
Et pourtant quand on demande à cette industrie ce qu’il est advenu des voitures électriques, des voitures à l’eau, de toutes les découvertes révolutionnaires qui devraient déjà faire partie de notre quotidien, on se défile, on déparle, on accuse les clients.
Car c’est bien ça que vous faites (et je cite) : « c’est la puissance qui vend ». En d’autres mots, vous aimeriez bien révolutionner l’industrie mais le client ne le voudrait pas. Il y a un seul problème avec votre affirmation. Il n’y a pas d’auto révolutionnaire dans le présentoir des concessionnaires, pas de vraie alternative! Il n’y a que des véhicules hybrides minables qui consomment à peine moins que leurs consœurs à pétrole. Des véhicules hybrides qui coûtent plus cher que toutes les économies qu’on pourrait faire sur l’essence. En conclusion, les clients achètent ce qu’il y a et l’industrie annonce publiquement que c’est un signe clair que le client ne veut rien d’autre que le moteur à explosion!
Or quand on démontre que cette industrie a menti, elle commence soudainement à annoncer que l’auto électrique est un phantasme, que ça ne marchera pas, que ce ne sera jamais aussi bon… etc. etc. Or voilà un autre mensonge qui ne tient pas la route. Quand en 1998 GM dévoile la EV1 (dans le silence le plus absolu), elle met sur la route une Saturn électrique qui performe exactement comme une automobile ordinaire. Il n’y a qu’à la brancher le soir. Et aujourd’hui avec la technologie moderne, une voiture comme la Tesla Roadster ou la Silence (produit Québécois!) battent beaucoup de voitures racées (comme les Ferrari et les Porsche), et ces véhicules peuvent être produits en série et vendus à prix raisonnable. Pourquoi faut-il que ce soit des indépendants, sans grande ressource, qui montrent aux grands manufacturiers que l’auto électrique est possible? Voilà la question à 1000$.
Alors pourquoi ne pas dire honnêtement que l’industrie automobile est un dinosaure et qu’elle ne veut pas évoluer? Pourquoi ne pas dénoncer le peu de changement annuels, la stagnation, le manque évident de volonté? Pourquoi ne pas pourfendre cette industrie, qui produit aujourd’hui des véhicules qui consomment autant de pétrole que la vieille Ford Model T? Pourquoi en cent ans ne peut-on pas faire mieux alors que l’informatique, la santé et la totalité de toutes les autres disciplines humaines ont fait des bonds stellaires?
Ah oui c’est clair. À défaut d’être honnête, on blâme le client.
http://www.sonyclassics.com/whokilledtheelectriccar/
http://www.youtube.com/watch?v=nNAktLeDhbE
http://www.youtube.com/watch?v=lcs662uA7zY
http://www.youtube.com/watch?v=Vt1AdfgcNiQ
dimanche 11 novembre 2007
Quand on accuse les clients
Libellés : auto électrique, automobile, Celeri, industrie
mercredi 25 juillet 2007
L’inquisition et le clergé musical
Il se fait des choses pas très catholiques dans le domaine de la musique par les temps qui courent. Et pour une fois, ceci n’a rien à voir avec les musiciens imaginez-vous!
Des choses aussi curieuses que la Socan – missionnaire dans une terre peuplée de dangereux pirates infidèles – partant en croisade pour sauver l’âme des salons de coiffure en leur faisant racheter leurs péchés. À la pièce s’il le faut. Une croisade qui est surement sur le point de faire irruption dans nos chambres et nos salons, lieux de moult sacrilèges musicaux!
Ou encore la RIAA qui, non contente d’avoir l’appui de leur gouvernement pour entamer sa sainte inquisition, mène en cour mineurs, personnes âgées et morts, question de passer un message si important qu’il permet d’outrepasser toute barrière légale et toute catégorie d’âge. Maintenant il n’y a plus que le fisc qui fait dans la nécrophagie!
Ou la vente de baladeurs plus que jamais enchaînés pour combattre le terrorisme… euh, le piratage! Des baladeurs qui forcent le client à acheter sa musique dans une seule boutique et un seul format ou encore l’empêchent de partager ses fichiers alors que c’est le point de vente du produit. Il y a des industries au service de leur client … et il y en a qui ne le sont pas … Alléluia!
N’oublions pas non plus la sacro-sainte interprétation du mot « piratage », qui inclut aujourd’hui toute copie personnelle, usage privé ou usage didactique (scolaire), alors que le véritable pirate est celui qui vend des copies pour en faire un profit (quoiqu’en disent le lobby et les politiciens). En procédant ainsi, on tord sciemment les saintes écritures du droit d’auteur et on fait à croire au consommateur qu’il n’a pas de droits! Priez pour ceux qui ne savent pas lire entre les lignes, car ils hériteront (à crédit) de la terre … et loueront leur musique à perpète …
Bref une industrie complètement détraquée, qui passe son temps à sermonner sur le piratage alors que ce même piratage est une résultante de son incapacité à s’adapter, à répondre correctement aux demandes du marché. Ah, ces fameuses règles du marché, vaches sacrées de notre économie quand elles broutent « du bon bord » mais membres de la caste des intouchables et ignorées lorsqu’elles profitent aux démunis (ce qui est plutôt rare merci)! En conclusion, une autre industrie dans la longue liste de celles qui considèrent qu’accuser et blâmer leurs clients est une pratique d’affaire valable et honorable. Comme quoi il faut convaincre le petit peuple qu’il est coupable avant de lui proposer des manières de se faire « pardonner ». Les temps changent mais l’homme reste un loup pour l’homme!
Aller chez le coiffeur c’est comme aller à la confesse paraît-il. Vous cherchez le pardon? Faites-vous friser le chignon et donnez votre dernier quignon de pain à ce pauvre clergé musical, si maltraité par les temps qui courent. C’est si pathétique que j’ai tout simplement arrêté de participer à cette sainte inquisition.
Libellés : Celeri, clergé, industrie, inquisition, lobby, musique, règles du marché