Il se fait des choses pas très catholiques dans le domaine de la musique par les temps qui courent. Et pour une fois, ceci n’a rien à voir avec les musiciens imaginez-vous!
Des choses aussi curieuses que la Socan – missionnaire dans une terre peuplée de dangereux pirates infidèles – partant en croisade pour sauver l’âme des salons de coiffure en leur faisant racheter leurs péchés. À la pièce s’il le faut. Une croisade qui est surement sur le point de faire irruption dans nos chambres et nos salons, lieux de moult sacrilèges musicaux!
Ou encore la RIAA qui, non contente d’avoir l’appui de leur gouvernement pour entamer sa sainte inquisition, mène en cour mineurs, personnes âgées et morts, question de passer un message si important qu’il permet d’outrepasser toute barrière légale et toute catégorie d’âge. Maintenant il n’y a plus que le fisc qui fait dans la nécrophagie!
Ou la vente de baladeurs plus que jamais enchaînés pour combattre le terrorisme… euh, le piratage! Des baladeurs qui forcent le client à acheter sa musique dans une seule boutique et un seul format ou encore l’empêchent de partager ses fichiers alors que c’est le point de vente du produit. Il y a des industries au service de leur client … et il y en a qui ne le sont pas … Alléluia!
N’oublions pas non plus la sacro-sainte interprétation du mot « piratage », qui inclut aujourd’hui toute copie personnelle, usage privé ou usage didactique (scolaire), alors que le véritable pirate est celui qui vend des copies pour en faire un profit (quoiqu’en disent le lobby et les politiciens). En procédant ainsi, on tord sciemment les saintes écritures du droit d’auteur et on fait à croire au consommateur qu’il n’a pas de droits! Priez pour ceux qui ne savent pas lire entre les lignes, car ils hériteront (à crédit) de la terre … et loueront leur musique à perpète …
Bref une industrie complètement détraquée, qui passe son temps à sermonner sur le piratage alors que ce même piratage est une résultante de son incapacité à s’adapter, à répondre correctement aux demandes du marché. Ah, ces fameuses règles du marché, vaches sacrées de notre économie quand elles broutent « du bon bord » mais membres de la caste des intouchables et ignorées lorsqu’elles profitent aux démunis (ce qui est plutôt rare merci)! En conclusion, une autre industrie dans la longue liste de celles qui considèrent qu’accuser et blâmer leurs clients est une pratique d’affaire valable et honorable. Comme quoi il faut convaincre le petit peuple qu’il est coupable avant de lui proposer des manières de se faire « pardonner ». Les temps changent mais l’homme reste un loup pour l’homme!
Aller chez le coiffeur c’est comme aller à la confesse paraît-il. Vous cherchez le pardon? Faites-vous friser le chignon et donnez votre dernier quignon de pain à ce pauvre clergé musical, si maltraité par les temps qui courent. C’est si pathétique que j’ai tout simplement arrêté de participer à cette sainte inquisition.
mercredi 25 juillet 2007
L’inquisition et le clergé musical
Libellés : Celeri, clergé, industrie, inquisition, lobby, musique, règles du marché
lundi 18 juin 2007
Hypothétiquement criant de vérité
Je ne sais pas si je devrais vous dire ça, mais à part le fait que je suis complètement cassé et que je suis un maniaque de documentaires, j’ai récemment mis la main sur le dernier long métrage d’un certain étasunien qui fait de l’embonpoint. Mon problème c’est que ce film ne sort officiellement que le 29 juin, alors je prie le bon Dieu pour que ce soit une stratégie de marketing. De toutes manières je vais surement aller stationner mes fesses au cinéma. Quand même. Et vous aussi je l’espère.
Ceci dit, j’ai regardé ce documentaire - « Ben malade » (traduction libre de ma part) – avec un grain de scepticisme, car des choses assez méchantes ont été dites à propos de notre ami le gros récemment. Comme le fait qu’il enjolive ses histoires pour les rendre plus commercialisables. Mais il ne faut pas oublier : c’est un étasunien, et transformer les histoires en spectacle n’est pas juste une pratique courante, c’est une nécessité! La compétition est féroce; les navets où on chante les vertus du peuple qui sauve le monde ont déjà commencé à inonder le marché.
Heureusement, « Ben malade » réussit là où Farenheit 911 louche – l’histoire est plus humaine que jamais et les incongruités encore plus percutantes. Sans vendre la mèche, nos voisins sont là à se dire patriotiques, priant ne jamais tomber malade, pendant que le sapin médical leur est passé. Sous prétexte que tout ce qui est privé est nécessairement mieux, on laisse donc l’entreprise privée s’enfuir avec l’oseille. Même Enron a l’air d’une offense mineure dans de pareilles circonstances.
Pendant ce temps, « Ben malade » répète l’ouverture d’esprit, l’admission qu’il se fait mieux ailleurs. Une grande bouffée d’air frais de la part de Hollywood si jamais il y en a eue! Et l’auteur de « Ben malade » réitère dans son optimisme légendaire, sa conviction que nos voisins peuvent se sortir de la merde s’ils se mettent ensemble. Ce que je leur souhaite.
Mais ce qui me fascine le plus dans ce film – à part les histoires d’horreur pathétiques qui en découlent – c’est l’inévitable réflexion qu’il nous impose. Imaginez-vous, des gens qui traversent la frontière parce que notre système de santé est meilleur! C’est quelque chose. C’est encore plus étonnant quand on considère que depuis des années on nous sert l’idée que c’est trop cher et qu’on devrait faire comme nos voisins!
Vraiment choquant! Et n’oublions pas non plus que depuis quelques années, les lobby ont commencé à prendre toute la place. Nous sentons d’ailleurs leur pression et celle de beaucoup de joueurs dans le domaine de la santé au Québec et au Canada; privatisez, tout sera plus efficace et moins cher pour le contribuable!
Si on se fie aux résultats obtenus chez l’oncle Sam, je crois qu’il est sage d’assumer qu’on n’a pas de leçons à recevoir sur ce sujet. Et que bien sur, il est payant d’être informé au lieu de se faire passer un sapin … médical.
Libellés : Celeri, cinéma, documentaire, lobby, Michael Moore, santé
samedi 16 juin 2007
Les 11 péchés de l'industrie du pétrole
Sophie Cousineau a abordé cette semaine un sujet épineux, à savoir comment se fait-il que beaucoup des prix sont restés les mêmes, malgré le fait que le dollar Canadien se porte très bien par les temps qui courent? Est-ce vraiment si difficile d'ajuster le prix ou quelqu'un se paye-t-il une Audi en argent massif à nos dépens?
La conversation est inévitablement tombée sur la question des pétrolères. J'avoue mon ignorance des faits techniques. Mais sur la forme alors, ça fait quelques temps que je les observe. D'ailleurs grâce à Léo Paul Lauzon leurs petites combines sont on ne peut plus claires (pdf) ...
HA! Demander aux pétrolières d'arrêter de mentir? Bonne chance.
Ça fait longtemps qu'ils l'ont la combine!
1. À la moindre fluctuation, à la moindre excuse, le prix augmente.
2. Un événement majeur est requis pour baisser un peu le prix
3. Toujours raffiner un peu moins que la demande - ça garde le prix élevé et quand arrive un accident, grosse augmentation!
4. Revendre au prix sur le marché d'aujourd'hui une essence stockée depuis au moins 6 mois (grosse source de revenus!).
5. Convaincre les gouvernements et les consommateurs qu'un produit essentiel peut et doit être laissé à la spéculation boursière, échapper à tout contrôle.
6. Littéralement arrêter de chercher pour du pétrole mais annoncer qu'on va avoir une pénurie d'ici peu. Parce que trouver une réserve voudrait dire une baisse de prix.
7. Racheter toutes les actions et garder un petit noyau dur de personnes qui profitent alors que nous sommes tous concernés
8. Clamer l’indépendance mais tout le monde ajuste son prix en même temps, se ligue dans une association de producteurs pétroliers et transige entre pétrolières en cas de boycott ou de pression du marché.
9. Tramage en arrière fond pour empêcher la sortie sur le marché de solutions alternatives, au grand mépris de l’environnement.
10. Un lobby qui fait honte aux citoyens canadiens en faisant passer cette industrie en premier sur la liste des priorités du gouvernement. Kyoto ou sable bitumineux? Les canadiens épongeront plus tard, c’est pas grave.
11. Et le taux de change? Comme tout le reste, les prix à la pompe n’ont plus rapport avec le marché. On nage dans un délire digne d’Ionesco … ah Georges Buisson fils a un bouton sur le nez? Vite, spéculons sur le prix du baril de Brent !