lundi 16 juillet 2007

Un Québec déchiré

Tout comme mon père, qui craignait de manquer de tout parce qu’il avait vécu la deuxième guerre mondiale proche du front, je crois que les québécois d’aujourd’hui sont marqués par leur histoire et leur conditionnement.

En un premier temps on ne peut pas démentir ce profond tiraillement qui existe entre le socialisme (image de la famille québécoise) et le capitalisme (image de l’individu qui réussit). Non seulement nous sommes fondamentalement méfiants de l’argent (et avec raison) mais nous avons été conditionnés à l’idée que l’état au service du citoyen était un rêve impossible, voire déraisonnable. Nous sommes pris au piège entre un néolibéralisme délirant et un retour en arrière de la collectivité, un refus de l’idée du bien-être collectif. Pas le genre de situation qui donne la paix d’esprit.

D’autre part, les québécois sont perpétuellement transportés par le tsunami des grandes crises. Crise des commandites, crise économique (le déficit ça vous dit quelque chose), crise de la mondialisation, crise identitaire, crise d’urticaire … on ne finit pas une crise qu’on arrive dans une autre. Et le tout va en accélérant. Le Québec se vend, s’exporte, se détériore quotidiennement sous nos yeux pendant qu’on travaille de plus en plus fort pour éviter que ça arrive. Le Québec n’a pas eu une bonne nuit de sommeil depuis longtemps.

Tout comme nos voisins sont tenus en haleine par la peur (phantasme?) du terrorisme, les québécois sont tenus en laisse parce qu’ils ont peur de s’affirmer. Entre les ténors de l’économie qui considèrent avec dérision tout ce qui n’émane pas du veau d’or et les grands manitous qui dénoncent l’état providence comme un mythe, il ne reste pas beaucoup de place pour crécher.

Il reste, en fait, juste assez de place pour un petit pain et des petits achats de misère, une ceinture fléchée et une plume dans l’cul comme dirait Falardeau.

Pas de surprise alors si les québécois dépensent n’importe comment; coincés entre les idéologies et les grands discours, ils consomment comme des poules promises à l’abattoir. Amen.

mardi 10 juillet 2007

Moore allume l'air climatisé ...

Hahahaha! Quel vent de fraîcheur! (Pour ceux qui n'ont pas vu son dernier documentaire, Sicko, vous pouvez aller en salle ou encore faire usage d'un peu d'ingéniosité!)

Lors d'une petite visite "live" sur CNN et Moore en a profité pour faire une jolie tirade contre CNN et un certain Dr. Sanjay Gupta (oh, la belle pitoune!). En effet, que faisait CNN pendant que le gouvernement emplissait les ondes de propagande guerrière? Qu'a fait CNN quand les armes de destruction massive se sont avérées être des armes de désinformation massive?



Se sont-ils un jour excusés d’avoir fait circuler des informations erronées? Pourquoi circulent-t-ils encore les communiqués de presse de la Maison Blanche sans les vérifier, quand on sait que l’administration Bush ne fait que mentir, mentir et tordre les faits?

Alors comment, dites-moi comment peut-on leur donner du crédit quand ils disent que Michael Moore déforme la vérité dans ses documentaires? Et comment peut-on donner de la crédibilité au Dr. Sanjay Gupta, dandy et laquais de l’administration Bush, quand lui-même joue avec les faits?

Alors je le répète. Le film Sicko n’est pas seulement une accusation en bloc de l’industrie de la santé aux États-Unis. C’est aussi un puissant appel – comment voulons-nous gérer la santé de la population dans le monde? En laissant le privé décider de tout derrière portes closes ou en utilisant un système de santé universel, géré par le gouvernement? La réponse est pourtant simple mais certains grands joueurs font dans la désinformation. Le privé est-il si efficace? Un marché libre et sans contrôle est-il nécessairement plus efficace qu’un système de santé public soumis à des règles précises? Rien n’est moins sur. Et on comprend aujourd’hui pourquoi tous les médias répètent, à qui veut bien l’entendre, que le Canada ne peut plus se permettre son système de santé. Il y a beaucoup d’argent à faire si on vire au privé.

Si ça vous a plu, j'ai également déniché un petit extrait d'une série faite par Michael Moore il y a de ça quelques années, où il avait effleuré le sujet: The Awful Truth - Funeral at an HMO

lundi 9 juillet 2007

Vous y croyez, vous?

Vous y croyez, vous, au terrorisme? Moi mon problème c’est que je ne crois plus aux politiciens. C’est par eux qu’on sait qu’Osama était l’auteur du 11 septembre et qu’il se trouvait en Afghanistan, par eux qu’on est entrés comme des voleurs en Iraq. Par eux qu’on a tous cru aux armes de destruction massive. Et c’est bien sur par eux que la marchandise terroriste est vendue.

Suffit d’un George Bush bien peigné pour que la planète tremble. Les terroristes sont parmi nous! ? On ne peut pas vous le dire …

C’est aussi par eux qu’on mise tout sur le remboursement de la dette, pendant qu’on se paye des sous-marins et une guerre en Afghanistan. Et par eux qu’on a le libre échange qui n’a été surtout prospère que pour un petit nombre. Par eux qu’on doit sauver l’environnement … sans demander d’effort à la grande entreprise (non mais, il faut rester compétitif!). Et bien sur par eux que passent les scandales, pour lesquels ils n’y sont pour rien (il va sans dire).

Ah oui, c’est aussi par eux que nos forêts sont coupées à blanc par l’entreprise privée mais replantées avec l’argent public. C’est ce que j’appelle un véritable partenariat PPP. C’est également par eux qu’on aimerait faire la même chose avec l’éducation et la santé. Pilate s’en laverait les mains!

Alors quand on me demande si je crois au terrorisme, je hausse les épaules. Depuis les sommets économiques Seattle, Québec et de Davos, nos élus font dans leur pantalon; la population de la terre en a marre de se faire monter des bateaux et de se ramasser avec la facture. Le terrorisme tombe donc à point – sous prétexte qu’on a vu rôder le loup dans la clairière, revendiquer et protéger nos droits devient un péché innommable.

Moi je l’ai vu le loup et il m’a juré qu’il n’avait rien à voir avec les scandales et m'a demandé de voter pour lui.

mercredi 4 juillet 2007

La grande vadrouille…

Je vadrouillais aujourd'hui à la recherche de documentation pour mon prochain article ... et comme c'est souvent le cas, j’ai dérivé.

J’ai dérivé sur le site taisez-vous.org. Le nom est rigolo mais l'histoire l'est moins. Un groupe d'écologistes (L'AQLPA) s'est fait poursuivre parce qu'elle dénonce une compagnie qui pollue illégalement. C'est ce qu'on appelle en jargon juridique une SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation). Inquiétant! Et moi qui pensais que ça n’arrivait qu’aux États-Unis …

Pas convaincu de la gravité? Considérez plutôt la citation suivante issue du site web:
"American Iron and Metal a intenté une poursuite contre le citoyen qui avait découvert les écoulements suspects. Il est décédé. AIM poursuit donc sa succession !". Taisez-vous en effet!

Constatant qu’ils ont Amir Khadir comme témoin, je me suis souvenu de son excellente prestation à l’émission Tout le Monde en Parle (émission que je trouve en général fort ordinaire et que j’ai écoutée juste pour voir Amir). Je ne sais pas si c’est complètement légal mais cette prestation est disponible sur YouTube, en deux parties, ici-bas.




Ma vadrouille finit par une retrouvaille avec une interview des Francs-Tireurs avec Pierre Falardeau. Interview que j’ai manquée lors de sa diffusion originale parce que mon fils criait « pin pon » sans arrêt! C’est vrai, je le jure. Eh non, mon travail de fin de session n’a pas été mangé par un chien enragé qui s’est envolé dans le métro (excuse classique). Ici j’espère que les propriétaires de droits d’auteur seront indulgents; la qualité des clips est assez médiocre merci mais le contenu, lui, est excellent. On ne s’attend à rien de moins du très coloré cinéaste …




Et avec tout ça mon plancher est toujours pas propre … c’est le temps de vadrouiller à la dérive à nouveau …

mardi 3 juillet 2007

Zeitgeist, le film

Décidément ... les films gratuits sur internet pullulent! Et ils sont loins d'être mauvais d'ailleurs!

Zeitgeist, le film, est une espèce de bagatelle à la conspiration - il prend des documents de plusieurs sources et en fait un documentaires très intéressant qui ratisse très large. En partant du contrôle social effectué par l'église (ce film n'est pas tendre à son égard) jusqu'au contrôle social effectué par les états, l'histoire de notre civilisation est clairement visée.

Il en résulte un document cohérent qui a le mérite de faire parler et réfléchir. Pas que je suis d'accord avec tout son contenu mais c'est toujours bon de voir différentes perspectives. En anglais seulement (désolé).

Écouter ici-même ou visiter le site web!

samedi 30 juin 2007

Les transformateurs à l’heure de la soupe primaire

Réplique à un article de Tristan Péloquin: Réflexion profonde à propos des Transformers

C'est sur que je pédale contre le vent.
Mais j'évite de donner à mon fils des jouets qui impliquent la guerre. Et je n’irai pas cautionner le concept en allant voir le film.

Pas de problème avec un fusil ou même une épée, mais pas intéressé de voir mon fils tripper sur des armes qui ont tué et tuent encore des enfants comme lui.

Dans ce même ordre d'idée, la série ‘transformateur’ représente que trop bien la mentalité épaisse et belliqueuse de nos voisins - tout se règle à coup de canon. Elle représente aussi leur phantasme ultime: l’existence d’un mal absolu contre lequel nous devrions tous nous braquer pour régler tous nos problèmes. Plus primitif que ça, tu te … transforme en amibe de labo.

Rajoutons à ça la mauvaise habitude de mélanger la réalité et la fiction, question de faire plus vendeur. Même les adultes ont de la difficulté à s’y retrouver alors imaginez les enfants!!! Par exemple, le terrorisme, vrai ou faux? Ben souvent je me le demande!

Tout comme une alimentation saine et équilibrée est importante, l'exposition à des idées constructives et réalistes fait des enfants plus intelligents et moins serviles quand ils sont vieux. Et à ce titre les transformateurs sont pour moi du junk food.

vendredi 29 juin 2007

Tel père, tel fils, version CIA

Tous ceux qui défendaient les vertus des États-Unis hier en ont eu une en plein dans les dents. En effet, la publication des joyaux de famille de la CIA (documents secrets détaillant nombre de comportements scandaleux et illégaux de la CIA pendant ses 25 premières années d’existence) rend la tâche presqu’impossible à quiconque voudrait les défendre.

Pas qu’il soit nécessaire ou logique de le faire. Mais enfin.

La question qui se pose naturellement alors est simple. Si la CIA était une agence incroyablement brutale pendant les années 70, qu’est-elle aujourd’hui? Un service de garderie? Bien sur, les détracteurs de ce document et la CIA elle-même s’empressent de nous dire que ces documents ont été libérés pour prouver que la CIA a changé, qu’elle n’est plus la même. Qu’elle lave plus blanc, quoi.

Hum… je ne crois rien de cette affirmation.

Au contraire, nous savons – et nous avons les faits pour le prouver – que la CIA et beaucoup d’autres agences telles le FBI et la NSA sont encore et toujours du côté « noir » de la loi. Que penser de Guantanamo, du transport de suspects dans des bases outre-mer pour « questionnement » et du cas de Maher Arar, qui a fait couler beaucoup d’encre? Il faut en penser qu’une fois le chemin facile emprunté, il devient de plus en plus dur de se redresser. Et n’ayant vu aucun méa culpa de la part de ces agences, il est clair que toutes ces promesses de redressement ne sont que poudre aux yeux.

Enfin. Tout ceci ne m’empêchera pas de goûter à cette victoire. Les étasuniens ont à leur tête des organisations viles et corrompues. À tous les jours la preuve nous en est faite. Et aujourd’hui cette preuve est écrite, en noir sur blanc. C’est donc à elles de s’excuser publiquement s’il existe un véritable désir de changement. Personnellement, je choisis de ne pas retenir mon souffle mais allez-y à cœur joie si ça vous chante …

Le cœur d’or noir des pétrolières

Cette semaine, nouvelle page du feuilleton de la dépendance au pétrole. Après une minutieuse analyse, l’ICPP (l'Institut canadien des produits pétroliers) a conclu qu’il y a trop de stations d’essence au Québec (!). Bien sur le fait que cette analyse soit faite par un institut « indépendant » est une manière habile d’éviter qu’on parle d’oligopole; les grands producteurs ne se sont pas entendus en secret sur une réduction des points de vente mais ils sont tous d’accord avec l’étude publiée par un organisme indépendant (…).

Et si ce n’était que ça. Fermer des stations d’essence est, malgré un communiqué de presse enthousiaste, un assaut frontal sur le Québec et tous ses citoyens, rien de moins.

En un premier temps, moins de stations d’essence veut dire plus de trajet à parcourir pour faire le plein. Donc nécessairement plus d’essence gaspillée, plus de pollution et tout ceci aux frais du consommateur. Et pas bon pour Kyoto en plus de ça.

C’est aussi une manière certaine de réduire la compétition. Malgré les prix planchers, le principe de compétition reste un facteur déterminant dans notre économie. Un groupe d’entreprises qui s’entendent pour réduire la compétition en créant de la rareté devient un oligopole, peu importe la forme que prend cette entente.

Finalement une réduction des stations d’essence est, à coup sur, une réduction dans le réinvestissement local, et pour plusieurs raisons. Moins de stations veut dire mise à pied massive de personnel, un réseau de distribution qui requiert moins de camionneurs et finalement moins de taxes foncières. Trois pertes qui reviendront hanter le contribuable par la bande. Pendant ce temps, l’industrie engrange des profits astronomiques et ne souffre nullement de quelques stations additionnelles (voir étude de Léo-Paul Lauzon sur cette question).

Un petit baume toutefois. Si jamais une réduction des stations d’essence est effectuée, l’ICPP prévoit une baisse spectaculaire de 1,5¢ le litre. Décidément, il y a des économistes qui gagneraient bien leur vie en tant qu’humoristes. Mais sur tous les autres points, les québécois y sont grands perdants. Toute personne vous disant le contraire est de mauvaise foi ou vous ment.

Finalement, sachant que l’industrie du pétrole a racheté presque toutes les actions dans les dernières années et sachant qu’elle a déjà créé de la rareté en fermant plusieurs de ses raffineries, cette dernière étude confirme son manque de respect pour ses clients. Et elle confirme aussi la présence d’un oligopole, quoi qu’en dise les études de la régie de l’énergie et les relationnistes de presse.

mercredi 27 juin 2007

Le cycle de la guerre

En réponse à l'article de Ricardo Codina, "Oui à la mission du Canada en Afghanistan"

Cher disciple de Harper,

Il apparaît évident que vous croyez, au même titre de tous ceux qui sont fascinés par l’équipement et le langage guerrier, que tout peut se régler à coup de canon.

Une vision que la grande majorité ne partage pas … Dieu merci!

Et pour cause. À part les guerres génocidaires, chaque conflit armé crée une vague de force égale qui revient, tôt ou tard. La loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent) en fait d’ailleurs foi – de la Sicile à Hongkong en passant par Budapest, on s’est échangé victime pour victime, dans un conflit sans fin où on est convaincu que l’adversaire est l’instigateur initial. En d’autres mots un labyrinthe infernal que chaque campagne militaire agrandit.

D’ailleurs, la vague actuelle qui sévit en Afghanistan est le résultat de l’entraînement et du financement des moudjahidine par l’oncle Sam; ces soldats ont humilié les Russes mais ils ont aussi laissé derrière eux un pays ruiné, ce qui a poussé sa population dans les bras des talibans.

Et aujourd’hui le Canada fait office de femme de ménage de l’OTAN. Mais par crainte du ridicule, Harper envoie en Afghanistan des militaires plutôt que de l’aide humanitaire, question de sauver la face vis-à-vis tous les pays guerriers alignés.

Et les afghans, entraînés dans le cycle de la guerre par nos alliés, ne se font pas prier pour faire tourner la roue et nous renvoyer la monnaie

mardi 26 juin 2007

Liberté au bout d’un photo-radar

En réplique à un article de Patrick Lagacé: La fin du carnage routier?

Je ne partage pas votre enthousiasme monsieur Lagacé. Au contraire, je ne vois qu’un politicien en manque d’attention qui se fait du capital politique sur les victimes de la route. Et il vous roule royalement en vous proposant une solution de pacotille, qui n’a d’intérêt que le fait qu’elle soit très payante.

Très payante premièrement parce que le photo-radar ne considère aucune circonstance atténuante, et parce qu’elle sert aussi à enlever les policiers de la route. Ce qui finit par nuire à la sécurité, qui était le point de départ de cette croisade.

Mais ce n’est pas tout. Ce n’est pas pour rien que nos élus tentent de nous faire accepter les photo-radars sur nos routes. Car en bordure de cette solution « magique » se trouve des effets secondaires « utiles » pour un état policier : difficiles à contester, les contraventions envoyées par le photo-radar arrivent plusieurs jours après l’infraction, ce qui nous nuit dans l’établissement d’une défense convenable. Un photo-radar n’a aucun problème à envoyer une nouvelle contravention à la même personne 5, 10, 15 jours de suite et ne vous donne pas la chance d’amender votre comportement, ce qui est vachement payant. Le photo-radar peut également servir, comme c’est le cas en Angleterre, à évaluer le trajet des automobilistes à leur insu. Ah merci, on a vraiment besoin de ça.

Et puis un photo-radar c’est con. Si vous dépassez – et il faut aller plus vite que la limite de vitesse pour dépasser, non? - il s’en balance. C’était à vous de dépasser ailleurs. La limite c’est la limite. Si vous dépassez d’un poil, vous êtes coupable. Et pour que le tout soit rentable, ce poil sera assorti d’une amende administrative. Les coiffeurs feront fortune.

Mais le pire dans tout ça c’est l’impact dévastateur du photo-radar sur le plaisir de conduire. Pour une poignée d’imbéciles, vous êtes absolument d’accord pour transformer la conduite automobile en enfer; sans cesse préoccupés par les trappes radar cachées, nous regarderons notre vitesse plus que la route, nous conduirons stressés et nous deviendrons les champions du monde de la mort par tachymètre.

Rendre la route plus sécuritaire? Absolument. Mais un gros « F » au crétin que décide de le faire en punissant le bon automobiliste qui ne cause pas d’accidents. Oui en rétrospective on y reconnait la signature immanquable de Charest, qui tente de nous faire à croire qu’il pense aux citoyens alors qu’il n’en a que pour l’économie.

jeudi 21 juin 2007

Google plus brillant que GM (pas difficile)

En réplique à l'article de Tristan Péloquin
Google investit dans l’auto électrique

Nous avons tous entendu parler des carburateurs miracle et des projets tués dans l’œuf par des multinationales sans vergogne ou des gouvernement qui craignent un crash boursier. Et bien qu’elles m’enchantent, je reste ambivalent au sujet de ces découvertes; réalité ou fiction?

La part en moi qui croit à la justice sociale se dit « bien sur, ça fait longtemps qu’on se ligue pour empêcher l’ascension de l’humanité !». Or les preuves d’une telle conspiration sont difficiles à trouver.

Pendant ce temps ma part rationnelle se dit « où sont les plans, en quelques minutes, le net serait recouvert de plans pour faire des voitures qui ne consomment rien ». Or la documentation est rare et quand il y en a elle est incomplète ou peu convaincante.

Faut-il alors conclure que ces inventions n’existent pas? Oh pas si vite. Quand on sait que la Ford Model T (circa 1920) consomme moins d’essence qu’un VUS typique d’aujourd’hui, quand on sait que le principe du moteur à explosion n’a pas vraiment changé en 100 ans et quand on regarde tous les autre champs technologiques … exploser régulièrement … il est permis d’avoir de sérieux doutes.

Des doutes qui semblent encore plus fondés quand on voit la résistance du marché de l’auto aux besoins des consommateurs. Chaque année apporte sa fournée d’automobiles identiques à celle de l’année d’avant, sauf quelques changements mineurs, plus souvent qu’autrement esthétiques. Le moteur reste le même, la consommation la même. Les grandes avancées, comme celle du moteur hybride, sont annoncées mollement lorsqu’elles sont annoncées du tout. Et oubliez l’auto électrique. Aucun des gros ne veut en vendre!

Il est d’ailleurs pathétique que ce doit être des compagnies indépendantes qui reprennent le fleuron de l’auto électrique. Si on voulait un bel exemple que le capitalisme ne marche pas comme il le devrait, le voilà; malgré tous les compétiteurs sur le marché, il existe une ligne que personne n’ose franchir. Même la Prius a trouvé un compromis confortable; une auto hybride qui côute si cher que toute économie d’essence devient insignifiante.

Et c’est là que l’auto électrique rentre en ligne de compte. Depuis que le chat est sorti du sac avec le film « Who Killed The Electric Car », nous savons que tous les manufacturiers ont testé et puis mis sur le marché des véhicules complètement électriques et fonctionnels. N’en déplaise aux sceptiques, ces véhicules font tout ce que les autos conventionnelles font, hormis le fait qu’on doit les charger aux 400Km.

Et maintenant Google s’en mêle. Il était temps qu’un groupe d’affaire se lance parce que le mantra des affaires depuis quelques temps est devenu « jouons pépère ». Jouons pépère comme Hydro Québec qui abandonne le moteur roue alors que c’est clairement le futur. Jouons pépère comme l’industrie de l’auto qui a peur de mettre une auto électrique sur le marché … Mais qui se battra, assurez-vous, pour empêcher les petits indépendants de gagner le marché, tout comme l’histoire de la Tucker.

Je suis 100% derrière Google. Il est temps de changer. De politiciens, de compagnie d’auto. De moteurs.

Pendant ce temps pondérez ces récents développements dans le domaine de l’auto électrique :
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Une auto électrique bat une Ferrari et une Porsche … na na na na … hey hey ...

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Le Québec a son auto électrique : Une Silence, modèle basé sur la T-Rex.

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GM annonce (curieusement) un nouveau prototype … une auto à l’eau … mais elle ne sera pas prête avant 20 ans (bien sur, on vous croit sur parole).
http://www.youtube.com/watch?v=lcs662uA7zY

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Un article intéressant sur le moteur-roue d'Hydro-Québec (et laissez vos préjugés à la porte, ne considérez que les faits svp.)

mercredi 20 juin 2007

Qui brûle un feu brûlera par le feu

Ainsi, le Pape a déclaré que la mauvaise conduite au volant est un péché! Un dépassement, l'impolitesse, l'absence de politesse et tous ces comportements automobilement abjects seraient un manque évident d'une bonne attitude chrétienne. « L'automobile ne doit pas être une expression du pouvoir, de domination et une occasion de pécher » a-t-il prêché.

On se plaint volontiers des déclarations du pape que l'on qualifie de trop légalistes et rigides. Et pourtant, nous, fragiles piétons ou cyclistes sommes à la merci d'autres êtres humains qui, à bord d'engins considérablement plus gros et plus puissants que notre maigre carcasse, mettent en péril notre existence. Et puis, me diront ces adeptes de la puissance sur roues, il y a aussi des piétons ou des cyclistes qui, eux aussi, font preuve d'une ire parfois gratuite. Oui, c'est vrai. Est-ce que cette irritation est motivée par une frustration provoquée par le péché automobile ou pas? Peu importe! Ce n'est pas une raison pour écrapoutiller allègrement piétons et cyclistes.

C'est pourquoi je ne puis que lever mon chapeau et féliciter chaudement ce cher Benoît, seizième du nom, pour son initiative fort à propos. Qu'on croit en Dieu ou non, il faut se comporter en bon chrétien derrière le volant (ou le guidon) de son engin motorisé.

À défaut, la repentance est de mise, sinon... Imaginez la grande autoroute de l'éternité, avec plein de carrefours qui affichent des feux rouges, où vous n'avez pas le choix d'arrêter, car des voitures arrivent sans cesse dans l'autre sens à une vitesse vertigineuse; et chaque feu rouge dure des milliers d'années. Vous roulez cinq minutes, un autre feu rouge qui dure des milliers d'années. Votre voiture est verrouillée, pas moyen d'en sortir. Les fenêtres sont fermées, et il fait 40 degrés Celsius dans l'auto avec absolument rien à boire (vous souffrez, mais vous n'êtes jamais malade ou ne tombez jamais dans les pommes) et c'est comme ça pour l'éternité!

Les piétons écrasés par des chauffards ivres ou irresponsables penseront à eux en sirotant leurs thés glacés, confortablement installés à l'air conditionné...

Ainsi soit-il!

lundi 18 juin 2007

Hypothétiquement criant de vérité

Je ne sais pas si je devrais vous dire ça, mais à part le fait que je suis complètement cassé et que je suis un maniaque de documentaires, j’ai récemment mis la main sur le dernier long métrage d’un certain étasunien qui fait de l’embonpoint. Mon problème c’est que ce film ne sort officiellement que le 29 juin, alors je prie le bon Dieu pour que ce soit une stratégie de marketing. De toutes manières je vais surement aller stationner mes fesses au cinéma. Quand même. Et vous aussi je l’espère.

Ceci dit, j’ai regardé ce documentaire - « Ben malade » (traduction libre de ma part) – avec un grain de scepticisme, car des choses assez méchantes ont été dites à propos de notre ami le gros récemment. Comme le fait qu’il enjolive ses histoires pour les rendre plus commercialisables. Mais il ne faut pas oublier : c’est un étasunien, et transformer les histoires en spectacle n’est pas juste une pratique courante, c’est une nécessité! La compétition est féroce; les navets où on chante les vertus du peuple qui sauve le monde ont déjà commencé à inonder le marché.

Heureusement, « Ben malade » réussit là où Farenheit 911 louche – l’histoire est plus humaine que jamais et les incongruités encore plus percutantes. Sans vendre la mèche, nos voisins sont là à se dire patriotiques, priant ne jamais tomber malade, pendant que le sapin médical leur est passé. Sous prétexte que tout ce qui est privé est nécessairement mieux, on laisse donc l’entreprise privée s’enfuir avec l’oseille. Même Enron a l’air d’une offense mineure dans de pareilles circonstances.

Pendant ce temps, « Ben malade » répète l’ouverture d’esprit, l’admission qu’il se fait mieux ailleurs. Une grande bouffée d’air frais de la part de Hollywood si jamais il y en a eue! Et l’auteur de « Ben malade » réitère dans son optimisme légendaire, sa conviction que nos voisins peuvent se sortir de la merde s’ils se mettent ensemble. Ce que je leur souhaite.

Mais ce qui me fascine le plus dans ce film – à part les histoires d’horreur pathétiques qui en découlent – c’est l’inévitable réflexion qu’il nous impose. Imaginez-vous, des gens qui traversent la frontière parce que notre système de santé est meilleur! C’est quelque chose. C’est encore plus étonnant quand on considère que depuis des années on nous sert l’idée que c’est trop cher et qu’on devrait faire comme nos voisins!

Vraiment choquant! Et n’oublions pas non plus que depuis quelques années, les lobby ont commencé à prendre toute la place. Nous sentons d’ailleurs leur pression et celle de beaucoup de joueurs dans le domaine de la santé au Québec et au Canada; privatisez, tout sera plus efficace et moins cher pour le contribuable!

Si on se fie aux résultats obtenus chez l’oncle Sam, je crois qu’il est sage d’assumer qu’on n’a pas de leçons à recevoir sur ce sujet. Et que bien sur, il est payant d’être informé au lieu de se faire passer un sapin … médical.

samedi 16 juin 2007

Qui a tué John O'Neil?

Ouf! Je viens de me taper le meilleur film ... gratuit ... que j'aie jamais vu. Du solide.
Who killed John O'Neil est en fait une pièce de théâtre dans laquelle un individu tente désespérément de convaincre ses multiples personnalités que les attentats du 11 septembre sont plus que ce qu'il n'en paraît.

Et pour une fois le discours n'est pas accessoire. Loin de là. Il est articulé, complet, et il résiste étonnamment aux conclusions faciles. D'ailleurs la beauté de ce long métrage (1h40!!!) réside dans le fait que toutes les personnalités se renvoient la balle, tantôt se critiquent, tantôt s'analysent pour éviter les pièges de la complaisance et de l'accusation hâtive. Pas loin du chef d'oeuvre je vous dis!

C'est tellement bon que je pense que je vais acheter l'original. Une chose est sure, je vais le réécouter. À regarder ici même avec des sous-titres ou encore sur le site original en anglais, néerlandais ou encore en allemand :)

Les 11 péchés de l'industrie du pétrole

Sophie Cousineau a abordé cette semaine un sujet épineux, à savoir comment se fait-il que beaucoup des prix sont restés les mêmes, malgré le fait que le dollar Canadien se porte très bien par les temps qui courent? Est-ce vraiment si difficile d'ajuster le prix ou quelqu'un se paye-t-il une Audi en argent massif à nos dépens?

La conversation est inévitablement tombée sur la question des pétrolères. J'avoue mon ignorance des faits techniques. Mais sur la forme alors, ça fait quelques temps que je les observe. D'ailleurs grâce à Léo Paul Lauzon leurs petites combines sont on ne peut plus claires (pdf) ...

HA! Demander aux pétrolières d'arrêter de mentir? Bonne chance.
Ça fait longtemps qu'ils l'ont la combine!
1. À la moindre fluctuation, à la moindre excuse, le prix augmente.
2. Un événement majeur est requis pour baisser un peu le prix
3. Toujours raffiner un peu moins que la demande - ça garde le prix élevé et quand arrive un accident, grosse augmentation!
4. Revendre au prix sur le marché d'aujourd'hui une essence stockée depuis au moins 6 mois (grosse source de revenus!).
5. Convaincre les gouvernements et les consommateurs qu'un produit essentiel peut et doit être laissé à la spéculation boursière, échapper à tout contrôle.
6. Littéralement arrêter de chercher pour du pétrole mais annoncer qu'on va avoir une pénurie d'ici peu. Parce que trouver une réserve voudrait dire une baisse de prix.
7. Racheter toutes les actions et garder un petit noyau dur de personnes qui profitent alors que nous sommes tous concernés
8. Clamer l’indépendance mais tout le monde ajuste son prix en même temps, se ligue dans une association de producteurs pétroliers et transige entre pétrolières en cas de boycott ou de pression du marché.
9. Tramage en arrière fond pour empêcher la sortie sur le marché de solutions alternatives, au grand mépris de l’environnement.
10. Un lobby qui fait honte aux citoyens canadiens en faisant passer cette industrie en premier sur la liste des priorités du gouvernement. Kyoto ou sable bitumineux? Les canadiens épongeront plus tard, c’est pas grave.
11. Et le taux de change? Comme tout le reste, les prix à la pompe n’ont plus rapport avec le marché. On nage dans un délire digne d’Ionesco … ah Georges Buisson fils a un bouton sur le nez? Vite, spéculons sur le prix du baril de Brent !

jeudi 14 juin 2007

Quand les WALriches sont dans la MART...

C’est parfois bien triste quand un riche qui se fait voler. Mais ce riche n’est pas simplement riche - Wal-Mart est immensément riche. Une richesse qui fait en sorte que ses têtes dirigeantes n'ont plus de problèmes de loyer et n'ont plus de difficultés à payer leurs factures d'hydro. À vie.

Ceci dit, il y a de l'ironie dans l'air.
C'est un secret de polichinelle qu'une partie de la fortune des Waltons provient du salaire miséreux de ses "associés" ainsi que des pratiques de gestion de personnel pour le moins douteuses, comme le refus de payer des heures supplémentaires à moins qu'un juge s'en mêle. Et la (maintenant illégale à bien des endroits) pratique de prendre de l'assurance-vie sur le dos de ses employés... versable au nom de Wal-Mart en cas de décès. Et finalement la belle et chaleureuse habitude de payer des salaires si minables qu'on suggère aux employés de demander de l'aide auprès de programmes gouvernementaux - imaginez, vous travaillez à temps plein mais vous devez faire appel aux services d’assistance aux pauvres! Pas que ça dérange *vraiment* la famille Walton.

Mais la véritable ironie c'est l'air scandalisé de Wal-Mart, qui se dit victime de vol. Qui vole qui au juste? Quand on profite du petit chinois et de la caissière, qu'on leur demande sans cesse plus et qu'on l'a, c'est qui qui profite? C’est qui la plus grosse compagnie du monde qui fait tout pour repousser les syndicats, de peur de devoir s’asseoir à table et parler équité? Mais qui demande aux employés déjà hypothéqués de s’assoir à table et parler coupure, nouveaux règlements et restructuration?

Tout vaut moins cher grâce à Wal-Mart. Spécialement la crédibilité.

Visionnement suggéré : The High Cost of Low Price, sur Google Vidéo (anglais)

Y'en a qui jouent mieux que moi ...

Un de mes clients m'a récemment fait découvrir Tommy Emmanuel.
Je lui avais parlé comment je trouvais que les guitaristes sur l'album Friday Night Live in San Francisco (écouter des échantillons) était épatants. Ce n'est rien m'a-t-il dit, quand on écoute du Tommy!

Ben oui, ben oui ... faut ben que je me fasse incrédule une fois de temps en temps :)

Ahem ... yé pas pire. Un peu rouillé quand même ahahahah
Et un petit souvenir des Beatles si jamais vous avez aimé ...

Un beau film gratos?

Tiens tiens,

Pour le plaisir de vos yeux et de vos oreilles, vous pouvez écouter gratuitement The Corporation sur Youtube. Et la qualité est plus que suffisante pour comprendre ce qui se passe :)

Ne venez pas me dire alors que je ne vous ai jamais rien donné ehehehehe

Notez pour voir le film complet qui s'enchaîne, s'agit de cliquer sur ce lien. Sortez le popcorn! Et bien sur pour ceux qui aimeraient le regarder plus tard, il y a toujours YouTubeX ...

dimanche 10 juin 2007

Espoir, espoir

Il n'y a plus grand porte de sortie quand tout le monde ment.
Combien de fois des professionnels m'ont menti pour faire mousser leur fin de mois? Combien de fois dois-je être poli au téléphone quand je parle avec des services dans lesquels je n'ai pourtant plus de respect? Combien de fois est-ce que j'apprends que l'image d'une entreprise n'est que mur de fumée? Combien de fois est-ce que je lis le journal en me disant que tout n’est que tissu de mensonge ou couverture sélective? Combien de fois est-ce que je me lève le matin en pensant que les gens vrais et authentiques sont une denrée rare?

Trop souvent, trop souvent.

Pour cette génération, je pense que c’est foutu. Mais il faut s’assurer que la suivante ne laisse rien passer. Pas les présidents qui mentent, pas les chefs d’entreprise qui vantent les mérites frauduleux de leur produit ou service. Pas les médias qui pratiquent le culte de l’information sélective (qui, tout comme le mensonge blanc, reste quand même un mensonge). Et pas les défaitistes qui abandonnent toute valeur morale sous prétexte que personne n’est parfait.

Espoir, espoir. Rime avec …

La femme sans nom

Je ne la nommerai pas.
Non, cette femme qui pensait qu'elle s'en tirerait à bon compte parce qu'elle est une vedette a été forcée derrière les verrous.

À par la sur-médiatisation, je ne suis pas insatisfait de la tournure de cette histoire. Et j'assume complètement le petit côté vengeur qui s'y colle - je ne suis pas seul à trouver que la justice est très expéditive quand la cible est pauvre mais délicate et pointilleuse quand elle est riche. Comme dans l'histoire du scandale des commandites, où cetains individus se sont servis de la cour pour renverser des jugements qui étaient pourtant pleinement mérités (mais qui, sur cette terre, serait d'accord avec un jugement qui leur est défavorable?).

Bon bref quelques petits cailloux dans la balance en guise de contrepoids à une poche d'argent ...

Sur une autre note ... quelqu'un peut m'expliquer pourquoi on trouve cette femme belle? Plus je la regarde, plus je trouve que beaucoup, beaucoup de femmes le sont beaucoup plus. Comme le dirait l'expression populaire ... sac à papier!